Qu’est-ce qu’un test respiratoire au glucose ?
Il s’agit d’un test respiratoire à la recherche d’une pullulation microbienne de l’intestin grêle aussi appelée SIBO (Small Intestinal Bacterial Overgrowth).
Le SIBO se définit par une prolifération excessive et pathologique de bactéries au niveau de l’intestin grêle aboutissant à des manifestations cliniques et des désordres biologiques.
Le tube digestif comprend l’estomac qui a principalement une fonction de réservoir et de préparation des aliments à la digestion. Ensuite l’intestin grêle, qui mesure six mètres et joue un rôle majeur dans l’absorption des nutriments. Il se divise en trois segments successifs : le duodénum, le jéjunum et l’iléon. Sa portion terminale s’achève par la valvule iléo-caecale qui met en communication l’intestin grêle et le colon (appelé encore gros intestin).
À l’état normal, les bactéries sont pratiquement inexistantes dans l’estomac et l’intestin grêle (104 organismes/mL) en raison de la présence des sucs gastriques, d’immunoglobulines et du péristaltisme intestinal. L’iléon terminal constitue une zone de transition (109 org/mL) avant la flore colique (1012 org/mL) soit 1 à 2 kilos de bactéries selon les individus.
En cas de pullulation microbienne dans l’intestin grêle, les bactéries détruisent le mucus protecteur de surface, altèrent profondément l’architecture de la barrière muqueuse intestinale, perturbant le bon fonctionnement des entérocytes et du système immunitaire. Il s’ensuit une malabsorption progressive de nutriments alimentaires dont se nourrissent les bactéries, amplifiée par les carences nutritionnelles ainsi que par une dysimmunité induite, via la stimulation des lymphocytes T. (Dig Dis Sci. 2008;53(6):1443.)
Les symptômes sont majoritairement digestifs avec des ballonnements ou météorisme (Am. J. Gastroenterol. 2003 Vol. 98 :412-19), des troubles du transit avec des diarrhées, constipation ou alternance de diarrhées et constipation (Dig Dis Sci 2011;56:1612–8. ) et des douleurs abdominales (J. Clin. Gastroenterol. 2005 juillet vol. 39(6,) :512–515). La stéatose (Gastroenterology. 2014 May;146(6):1513-24) et l’obésité (Dig.Dis.Sci 2020 vol 65 :1414–22) sont décrites comme associées à la pullulation microbienne.
Certains symptômes extradigestifs sont aussi attribués au SIBO comme l’anxiété, la dépression et les troubles du sommeil. On pense que les bactéries productrices de méthane (méthanogènes) consomment du tryptophane qui est un acide aminé précurseur de la sérotonine et pourraient ainsi générer un syndrome dépressif (Gastroenterology.2000 avril ; 118 (4): A414). Des affections cutanées (acné, psoriasis, eczéma, urticaire), la fibromyalgie (Annals of the Rheumatic Diseases. 2004 (4) :45-52) sont aussi probablement associées au SIBO.
Principe du test respiratoire au glucose
Le principe d’un test respiratoire au glucose consiste à ingérer une dose standardisée de sucre qui va être consommée par les bactéries qui vont excréter de l’hydrogène (H2). Chez 15 % des sujets et dans certaines conditions, des bactéries méthanogènes (archéas) vont métaboliser l’hydrogène produit par les premières et excréter à leur tour du méthane (CH4). Ces gaz vont passer dans le sang puis dans les alvéoles pulmonaires et ainsi être mesurés dans l’air expiré. La mesure du CO2 (5,5 %) permet de valider que l’air prélevé provient bien des alvéoles et non des bronches. Les trois gaz : hydrogène, méthane et CO2 sont mesurés conjointement (Am J Gastroenterol 2017; 112:775–784).
Recommandations très importantes avant la réalisation du test respiratoire au glucose
Préparation à l’examen
Le mois précédent l’examen : pas d’antibiotiques, pas de coloscopie.
La semaine précédant l’examen : Arrêt des laxatifs (si possible) risque de faux positifs. Arrêt des probiotiques et huiles essentielles qui peuvent perturber le microbiote intestinal.
La veille de l’examen :
- À 8h : arrêt du tabac ou cannabis qui perturbent les mesures de H2 et CO2. Le vapotage, les patchs de nicotine sont autorisés pour éviter le syndrome de manque.
- Durant toute la journée : pas de fruits, pas de légumes, pas de pain ni de céréales, aucun produit laitier.
- De 18 h à 19 h : repas léger (repas standardisé : uniquement des viandes blanches ou du poisson et riz blanc. Huile d’olive et pas de beurre.) puis à jeun sauf de l’eau.
Le matin de l’examen :
- A jeun sauf de l’eau (pas de café, pas de thé, pas de sucres).
- Brossage des dents et bain de bouche sans menthol.
- Pas de stress physique. Pas de tabac.
Exemple sur 24h la veille du test respiratoire
- 08 h : petit-déjeuner : œufs brouillés, omelette ou œuf à la coque.
- 10 h : café, thé, sans sucre, pas de pain, pas de biscuit, pas de jus de fruits, aucun produit laitier.
- 12 h : poisson ou poulet et riz blanc avec sel, poivre, huile d’olive (tofu pour les végans).
- 16 h : café, thé, sans sucre.
- 18h : dîner : poulet et riz blanc avec sel et poivre, huile d’olive.
- 19 h : fin du repas – boisson : eau du robinet uniquement.
Si vous êtes diabétique, veuillez ne pas faire votre insuline du matin. Apportez votre appareil à glycémie. Si la glycémie est élevée le test sera réalisé avec 10g de lactulose en remplacement des 75g de glucose.
Déroulement de l’examen
À votre arrivée au laboratoire, vous devrez être muni de votre passe sanitaire, d’un masque et être à jeun sauf liquides.
L’examen va durer environ 3h30 (10 prélèvements respiratoires). Prévoyez de la lecture ou un film.
Vous commencerez par faire un bain de bouche sans menthol.
Un premier prélèvement respiratoire sera alors effectué afin de mesurer la quantité basale d’hydrogène (normale 0 à 10 ppm) et de méthane (0 à 5 ppm). Le dosage du Co2 (5,5 %) permet de valider que l’air recueilli provient bien des alvéoles pulmonaires.
Puis vous prendrez 250 cc d’eau contenant 75 g de glucose.
Ensuite avec l’aide de notre assistante, vous soufflerez toutes les 15 minutes dans un petit sac à usage unique pour mesurer les gaz recherchés.
Le test est considéré comme positif en cas d’une production anormale d’hydrogène et ou de méthane dans les 90 min (1h30) suivant l’ingestion et négatif en l’absence d’anomalies après un suivi de 120 min (2h).
L’interprétation des résultats et la conduite à tenir feront l’objet d’une consultation avec notre médecin.